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PCB : de quoi parle t’on ?
Les PCB, ou PolyChloroBiphényles sont des dérivés chimiques chlorés plus connus en France sous le nom de pyralènes. Les PCB n’existent pas à l’état naturel. Ils ont été produits par l’homme et utilisés dans l’industrie entre les années 30 et 80.
Les PCB étaient utilisés dans l’industrie principalement comme isolants électriques ou comme lubrifiants Ils étaient particulièrement utilisés en raison de leur caractère ininflammable. On les retrouvait par exemple comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants.
Les PCB (209 congénères) sont des substances bioaccumulables, biomagnifiables, perturbateurs endocriniens et sont suspectés d’être cancérigènes. Leur toxicité chronique est importante (fœtus, nourrisson, organismes aquatiques…).
De tels effets ont été observés chez le jeune enfant fortement exposé aux PCB pendant la grossesse et l’allaitement (diminution du quotient intellectuel, des capacités de mémoire et d’apprentissage, des fonctions neuromusculaires, des capacités visuelles).
Certains scientifiques ont également noté des infections hépatiques, neurologiques, des bronchites chroniques, des maux de tête, des vertiges, des dépressions, des troubles de la mémoire et du sommeil, de la nervosité et de la fatigue et des problèmes de fertilité.
L’homme est contaminé par l’ingestion d’animaux ou de produits d’origine animale, notamment le lait, les œufs et les poissons, contaminés par les PCB. Tout au long de la chaîne alimentaire, les PCB s’accumulent dans les tissus graisseux. Leur élimination est lente (plusieurs années). Les PCB s’accumulent au fur et à mesure de la chaîne alimentaire, se concentrant particulièrement dans les tissus graisseux des poissons.
L’Union Européenne a récemment (novembre 2006) adopté des taux de concentrations maximales admissibles en PCB pour les poissons destinés à la consommation humaine. Ce seuil est de 8 pg/g de poisson frais pour toutes les espèces sauf pour l’anguille pour laquelle ce seuil est porté à 12 pg/g.
Les espèces de poissons sont également classées en fonction de leur comportement vis-à-vis des PCB en :
- fortement bioaccumulables (brème, carpe commune, barbeau fluviatile, silure, tanche) ;Pour les populations dites sensibles (enfants et femmes en âge de procréer), L’AFSSA (agence française de sécurité sanitaire des aliments) recommande de limiter la consommation de poissons à 2 fois par semaine en diversifiant les espèces de poissons et les zones de pêche de provenance, et en évitant de consommer de poissons dits « gras » provenant des zones les plus contaminées par les PCB.
- faiblement bioaccumulables (chevène, gardon, perche, sandre, vandoise, brochet, hotu, carassin, goujon, rotengle) ;
- comportement a priori indifférent (ablette, blageon, chabot, poisson chat, truite fario…).
On peut retrouver aujourd’hui ces PCB dans les sédiments des rivières et lacs, mais aussi dans la chair de certains poissons.
Quels dispositifs sont mis en oeuvre pour suivre et évaluer la situation ?
Il existe plusieurs réponses se situant à différents niveaux.
Au niveau national :
Dans le cadre du plan national d’action sur le PCB élaboré en février 2008, un réseau spécifique au PCB et d’échelle nationale a été mis en place. Sur ce réseau des prélèvements poissons et sédiments ont été effectués en 2008 et 2009. Cette surveillance concerne ainsi 107 points de mesures investigués dès 2008 (3 en Bourgogne dont 2 sur la Saône). Ces mesures se sont poursuivies en 2009 et continueront en 2010. Elles sont à la charge de l’ONEMA (office nationale de l’eau et des milieux aquatiques) concernant les pêches et des agences de l’eau pour les prélèvements de sédiments.
Au niveau du bassin Rhône Méditerranée :
En complément du plan national, le bassin rhône méditerranée a décidé de compléter la connaissance par un second réseau appelé « diagnostic fin de bassin ». Ce réseau a pour objectif de cibler des sites supposés pollués (présence d’accident historiques, d’activités industrielles…) et donc d’aller chercher la pollution PCB là où il est fort probable qu’elle se trouve. Ce réseau de « diagnostic fin » a concerné 88 points supplémentaires avec des prélèvements poissons et sédiments sur chaque point. Les pêches ont été à la charge des Diren régionales (8 points pour la Diren Bourgogne, dont 3 sur la Saône) et les prélèvements de sédiments à la charge de l’agence de l’eau rhône méditerranée.
Au niveau plus local :
A ces deux précédents réseaux vient s’en ajouter un troisième : celui dit de surveillance par « contrôles orientés », piloté par les DSV (Directions des services vétérinaires) concernées et constitué de 500 points (au niveau national) dont 273 dans le bassin Rhône-méditerranée et 6 en Bourgogne. Les analyses portent sur les teneurs en PCB des poissons uniquement et le protocole de pêche est différent de celui utilisé sur le plan national et le diagnostic fin.
Les résultats en Bourgogne :
En ce qui concerne la Bourgogne, les analyses dans les poissons montre une contamination essentiellement sur la Saône en 71 (de la confluence avec le Doubs jusqu’à sa sortie du département) et notamment les secteurs de Gergy et d’Ouroux sur Saône ainsi que sur l’Ouche aval, la Vallière et la Thalie aval (certainement sous influence de la Saône). Certains lots montrent aussi une contamination mais relativement moins importante a priori sur la Dheune aval et le Doubs aval.
Le premier arrêté préfectoral interdépartemental a été pris en Saône-et-Loire en février 2009. Cet arrête interdit la consommation des poissons benthiques seulement (Carpe, Silure, Anguilles, Barbeaux, Brèmes) sur la Saône depuis la confluence avec le Doubs jusqu’au barrage éclusé de Dracé.
Il est important de noter que les résultats d’analyse de PCB sur les poissons ne montrent aucun dépassement de seuil sur l’Ouche amont, la Vingeanne, la Seille aval.
Les différents arrêtés préfectoraux d’interdiction de consommation concernant notamment la Bourgogne sont téléchargeables sur le site internet de la DREAL Rhône Alpes (voir rubrique « pour en savoir plus »). Vous pouvez également les télécharger sur ce site en ce qui concerne la Saône (faire le lien avec le document pdf), la Vallière (idem) et le Doubs (idem). Celui sur l’Ouche aval en cours de préparation pour la Côte d’Or sera prochainement mis en ligne.
Pour les sédiments, le point le plus contaminé en PCBi est, pour le moment, l’Ouche à Echenon. A signaler : des analyses complémentaires sont attendues sur la Grosne et le ruisseau de l’Etang, analyses qui devraient arriver fin 2009 début 2010.
L’ensemble des résultats poissons et sédiments pour les campagnes 2008 et 2009 sont disponibles et téléchargeables (cf. pièces jointes) :
> Autres liens utiles :
Les arrêtés préfectoraux déjà pris sont consultables et téléchargeables par les liens ci après : Arrêté inter-préfectoral du 16 février 2009 (Saône aval), préfectoraux du 27 Aôut (la Vallière), du 16 septembre 2009 (basse vallée du Doubs) et du 18 novembre 2009 (l’Ouche aval).
Pour prendre connaissance de l’avis de l’agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) relatif à l’interprétation des résultats d’analyses en dioxines et PCB des poissons pêchés dans la rivière Saône (6 novembre 2009)
Pour télécharger une synthèse sur le sujet de la pollution des milieux aquatiques par les PCB en Bourgogne : cliquez ici
Pour en savoir plus sur l’ensemble des actions menées dans le bassin Rhône- Méditerranée sur le sujet des PCB (résultats, actions à venir, suivi des arrêtés préfectoraux…) : cliquez ici
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